Art de vivre

Parc national de la Comoé : savanes et rivières d'un site du patrimoine mondial de l'UNESCO

Par Victor Tseng 曾浩瑜3 min

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Si Taï incarne la forêt dense de la Côte d'Ivoire (Afrique de l'Ouest, premier producteur mondial de cacao), le parc national de la Comoé, dans le nord-est, en montre l'autre visage : savanes ouvertes, forêts riveraines et un grand fleuve qui le traverse de part en part. C'est aussi l'un des exemples phares, en Afrique de l'Ouest, d'une conservation passée « du péril au redressement ».

Un hippopotame dans le parc national de la Comoé
Hippopotame au parc national de la Comoé, 1990Albert Backer · CC BY-SA 3.0

Une vaste aire protégée le long d'un fleuve

Le parc national de la Comoé couvre environ 11 500 km² (soit quelque 1,15 million d'hectares) et est souvent présenté comme l'une des plus grandes aires protégées d'Afrique de l'Ouest. Il a obtenu le statut de parc national en 1968, puis a été inscrit en 1983 à la fois au patrimoine mondial de l'UNESCO et comme réserve de biosphère.

La Comoé parcourt environ 230 km dans le parc et, avec des affluents comme l'Iringou et la Bavé, crée des milieux très variés : de la zone de savane soudanienne, plus sèche, à la zone de savane guinéenne, plus humide, entrecoupées de savanes arborées, d'îlots forestiers, de forêts-galeries le long des cours d'eau et de prairies riveraines. Cette combinaison de « forêts au milieu de la savane » permet à un même parc d'abriter des espèces très différentes.

Biodiversité

Catégorie Espèces recensées (environ)
Plantes plus de 620
Oiseaux environ 500
Mammifères 135
Reptiles 71 (dont trois espèces de crocodiles)
Amphibiens 35
Poissons 60

Ces chiffres évoluent au fil des inventaires : un article de 2024 citait ainsi plus de 1 160 espèces de plantes et 497 espèces d'oiseaux.

De la liste en péril au redressement

En 2003, le braconnage, l'expansion agricole, l'orpaillage illégal et les failles de gestion ont valu à la Comoé d'être inscrite sur la Liste du patrimoine mondial en péril. Pendant des années, certaines zones n'ont pas pu être surveillées efficacement, et ce n'est qu'après 2012 que les gestionnaires ont pu y retourner.

La situation s'est progressivement améliorée au cours des années 2010. Une mission de terrain de l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) a confirmé en 2017 que les chimpanzés et les éléphants, que l'on croyait disparus, étaient toujours présents dans le parc, avec environ 300 chimpanzés et 120 éléphants. Une découverte d'autant plus précieuse que la population nationale de chimpanzés a chuté d'environ 90 % depuis le début des années 1990. En juillet 2017, réuni à Cracovie, en Pologne, le Comité du patrimoine mondial a décidé de retirer la Comoé de la liste en péril : c'était le premier site d'Afrique de l'Ouest et d'Afrique centrale à en sortir depuis plus de dix ans. L'UICN a toutefois rappelé que l'agriculture et l'orpaillage artisanal à l'intérieur du parc menacent encore des habitats essentiels.

Accès et visite

Le parc se trouve dans le nord-est ; la région de Bouna en est une porte d'entrée courante. Le parc abrite le campement hôtelier de Bania, et la ville de Bouna propose des hébergements à différents prix. En 2024, les acteurs locaux du tourisme et de la conservation ont organisé une rencontre pour favoriser le retour des visiteurs.

Le parc étant très étendu, renseignez-vous avant le départ auprès de l'Office ivoirien des parcs et réserves (OIPR) sur les zones ouvertes, les visites guidées et les dernières recommandations aux voyageurs.

En un mot, pour les lecteurs asiatiques

La Comoé ne montre pas seulement des savanes et une faune sauvage, mais aussi comment la conservation peut renverser la situation en un peu plus de dix ans : un excellent cas ouest-africain pour les équipes attentives à l'ESG ou à l'écotourisme.


Sources : Wikipedia – Comoé National Park ; IUCN – African national park taken off World Heritage danger list (2017) ; Fraternité Matin – Parc national de la Comoé : retour des touristes (2024)

Motif : Tissage en bandes

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