Créer une entreprise en Côte d'Ivoire : le guichet unique du CEPICI et les bases des SARL, SA et SAS
Par Victor Tseng 曾浩瑜4 min
Pour créer une entreprise en Côte d'Ivoire (Afrique de l'Ouest, premier producteur mondial de cacao), l'institution dont on entend le plus parler est le CEPICI, et les formes de société les plus courantes sont la SARL, la SA et la SAS. Cet article présente les notions de base derrière ces termes, pour vous donner une vue d'ensemble avant d'échanger avec avocats et experts-comptables locaux. Il ne s'agit que d'une introduction, qui ne constitue pas un conseil juridique ou fiscal ; référez-vous toujours aux dernières communications officielles pour les règles en vigueur.
Le CEPICI et le guichet unique
Le CEPICI (Centre de Promotion des Investissements en Côte d'Ivoire) est l'organisme public chargé de promouvoir et de faciliter l'investissement direct ; il coordonne aussi les mesures gouvernementales liées à l'investissement et au développement du secteur privé.
Son rôle le plus important pour les investisseurs est celui de « Guichet unique ». Selon la documentation du CEPICI, le guichet propose quatre types de services : la création d'entreprise, les autorisations diverses, le foncier industriel et l'assistance aux formalités administratives. Le portail officiel du ministère ivoirien de l'Économie indique que, via le guichet de création d'entreprises, une société peut être constituée en 24 heures ; le délai réel dépend toutefois de la complétude du dossier.
Quelques chiffres de contexte : selon le CEPICI, plus de 25 000 entreprises ont été créées dans le pays en 2023, et les investissements privés agréés cette année-là ont atteint environ 1 000 milliards de francs CFA. Un nouveau Code des investissements a été adopté en août 2018, et le site du CEPICI met aussi à disposition le dossier de demande d'agrément au Code des investissements.
Trois formes de société courantes
La Côte d'Ivoire est membre de l'OHADA : les formes de société sont régies par l'Acte uniforme de l'OHADA relatif au droit des sociétés commerciales, complété par des textes nationaux.
| SARL (société à responsabilité limitée) | SA (société anonyme) | SAS (société par actions simplifiée) | |
|---|---|---|---|
| Associés | Un seul suffit | — | Personnes physiques ou morales |
| Capital minimum | 1 million de francs CFA par défaut selon l'OHADA, mais les États peuvent en décider autrement ; l'ordonnance ivoirienne n° 2014-161 de 2014 laisse aux associés le soin de le fixer librement, avec une valeur nominale minimale de 5 000 francs CFA par part | 10 millions de francs CFA ; 100 millions de francs CFA en cas d'appel public à l'épargne | Fixé librement par les statuts |
| Gouvernance | Gérée par un ou plusieurs gérants | Conseil d'administration de 3 à 12 membres, ou administrateur général | Statuts très largement libres, mais un président représentant la société est obligatoire |
| Usage courant | PME | Grandes entreprises, sociétés faisant appel public à l'épargne | Entreprises recherchant une gouvernance souple ou l'entrée d'investisseurs |
La SAS n'a été introduite qu'avec la révision du droit des sociétés OHADA de 2014, sur le modèle de la forme française du même nom.
Succursales : attention au délai
Une société étrangère peut aussi commencer par une succursale. Celle-ci n'a pas de personnalité juridique propre, mais doit être immatriculée au RCCM (Registre du commerce et du crédit mobilier). Selon l'article 120 de l'Acte uniforme révisé, la succursale d'une société étrangère doit en principe être apportée à une société de droit local dans un délai de deux ans, prorogeable par l'autorité compétente pour deux ans au maximum ; à défaut, elle peut être radiée et ses dirigeants sanctionnés. Les modalités de cette transformation peuvent entraîner des coûts fiscaux importants : mieux vaut anticiper.
En un mot, pour les entreprises asiatiques
Décidez d'abord entre succursale et société locale, et choisissez la forme de société ; présentez-vous ensuite au guichet unique du CEPICI avec votre dossier. Confiez les détails à un avocat, un notaire ou un expert-comptable local, et fiez-vous aux dernières communications du CEPICI.
Sources : CEPICI – Entreprendre en Côte d'Ivoire (brochure de présentation) ; Économie ivoirienne – Business environment ; Connectionivoirienne – Plus de 25 000 entreprises créées en 2023 (2024) ; Ohada.com – Textes internes complémentaires pour les SARL ; Oxford Business Group – Legal structures of companies (2020) ; Mondaq – Business structures under the revised OHADA Uniform Act
Motif : Motif des poids à peser l'or akan
Dans le même thème
- Business et marchés africains4 min Ports d'Abidjan et de San Pedro : les points forts des deux portes logistiques de la Côte d'Ivoire Les deux ports en eau profonde ivoiriens comparés : Abidjan, pilier du commerce et porte du Burkina Faso et du Mali ; San Pedro, roi du cacao et du vrac. Lire
- Business et marchés africains3 min Métro d'Abidjan et grands chantiers : où en est-on en 2026 ? Ligne 1 du métro d'Abidjan (37 km, 18 stations, d'Anyama à Port-Bouët) : mise en service visée en 2028-2029. Point à octobre 2026, 4ᵉ pont et BRT. Lire
- Business et marchés africains3 min Le système bancaire ivoirien : comment se répartissent les rôles entre la BCEAO, la Commission bancaire et les banques commerciales Banques ivoiriennes supervisées par la BCEAO et la Commission bancaire de l'UMOA à Abidjan : 28 banques, 1er marché de l'Union. Cadre, acteurs, chiffres. Lire