CHAPITRE 02Chapitre 2 · XVIIIe siècle
La légende d’Abla Pokou
La reine Pokou et la naissance des Baoulé
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Selon la légende, au XVIIIe siècle, une branche des Akan quitta l’actuel Ghana après une querelle de succession, conduite vers l’ouest par la reine Abla Pokou. Acculée au fleuve Comoé par ses poursuivants, elle offrit son fils à l’esprit du fleuve, et son peuple traversa sain et sauf. « Ba-ou-li » signifierait « l’enfant est mort », et le groupe prit dès lors le nom de Baoulé.
C’est le mythe fondateur des Baoulé, et il explique pourquoi les populations du centre ivoirien sont si proches des Ashanti du Ghana par la langue, la royauté et la culture de l’or.
CE QUE VOUS VERREZ · Ce que vous verrez
Quand les Ivoiriens racontent l’époque d’avant la nation, ils évoquent presque toujours une reine qui sacrifia son propre fils pour son peuple. Le nom Baoulé viendrait de ce moment.POURQUOI · Pourquoi c’est important
Les Baoulé sont l’un des plus grands groupes du pays, et le premier président, Houphouët-Boigny, était baoulé. Le récit fait partie de la narration nationale, repris dans les manuels scolaires, le théâtre et les romans.SAVOIR-FAIRE · Comment en tirer parti
Évoquez Abla Pokou avec un ami baoulé : il sera surpris que vous la connaissiez. Racontez-la avec respect : c’est un récit d’origine sacré, pas une curiosité.Parallèles asiatiques et européensUn mythe fondateur de « migration et sacrifice », comparable aux légendes fondatrices de nombreuses cultures : le sacrifice d’une personne donne naissance à tout un peuple.
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